Par Benjamin Louvet, Directeur des gestions matières premières chez Ofi Invest Asset Management
L’or a franchi le seuil historique et symbolique de 4 000 dollars l’once. Une progression de plus de 50 % depuis le début de l’année. Du jamais vu depuis 1979, année de la crise pétrolière et de sa poussée inflationniste qui avait vu l’or flamber de 127 %. Si certains y voient les signes d’une bulle spéculative, une analyse plus fine révèle des moteurs structurels puissants qui justifient cette envolée. Loin d’un emballement irrationnel, cette dynamique s’inscrit dans un contexte économique, monétaire et géopolitique profondément instable, qui redonne à l’or son rôle historique de valeur refuge.

L’endettement mondial, catalyseur de la demande
L’endettement des grandes économies est le principal moteur de la hausse de l’or. Les niveaux atteints aux États-Unis (la dette représente 120 % du PIB, un niveau historiquement élevé en dehors des périodes de guerre), au Japon ou en Chine contraignent les Banques Centrales à conserver des taux bas à moyen terme pour limiter le poids sur les finances publiques.
Dans un environnement de taux bas voire négatifs, le métal précieux devient une alternative aux obligations souveraines, dont la rémunération est devenue insuffisante. Ainsi, l’anticipation d’un nouvel assouplissement monétaire de la Réserve fédérale américaine, combinée à une inflation qui reste structurellement présente, renforce l’attrait pour cet actif réel.
L’or a aussi accéléré sa progression depuis le « shutdown » aux États-Unis qui a conduit à la fermeture des administrations américaines faute d’accord entre la Maison-Blanche et le Congrès sur le budget annuel avant la fin de l’exercice fiscal le 30 septembre.
Au-delà du contexte budgétaire américain, les déficits publics de pays comme le Royaume-Uni, et la France sont au cœur des inquiétudes. Les investisseurs sont alors tentés de privilégier les actifs tangibles, comme l’or, qui ne dépendent d’aucun émetteur souverain. L’or ne peut pas faire faillite…
Un changement de paradigme géopolitique
Depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, le lien traditionnel entre taux réels et prix de l’or s’est distendu. Le gel des avoirs russes en dollars a provoqué une perte de confiance dans le billet vert comme valeur refuge, notamment en Asie.
Résultat : le prix de l’or se fait désormais davantage en Asie qu’en Occident, avec une montée en puissance des investisseurs chinois et indiens. Ce déplacement du centre de gravité du marché de l’or reflète une volonté croissante de diversification des réserves de change, dans un monde où les tensions géopolitiques et les sanctions économiques redéfinissent les équilibres monétaires.
Il ne faut d’ailleurs pas négliger l’impact des Banques Centrales, qui accumulent massivement de l’or afin de diversifier leurs réserves et réduire leur dépendance au dollar. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : sur les trois dernières années, plus de 1 000 tonnes d’or ont été achetées par les Banques Centrales, représentant plus de 20 % du marché mondial. 43 % d’entre elles, interrogées par le World Gold Council* en 2025, indiquent vouloir augmenter leur détention d’or dans les 12 prochains mois. Aucune ne prévoit d’en vendre. L’or ne présente pas de risque de contrepartie contrairement aux obligations qui constituent une part importante de leurs réserves.
À noter également que, contrairement aux autres acteurs des marchés financiers, les Banques Centrales peuvent tirer un rendement de leur or en le prêtant à d’autres entités. En termes de flux, au-delà des Banques Centrales, le potentiel nous semble important puisqu’il y a encore très peu d’investissements dans ce métal. L’or représente encore aujourd’hui moins de 2,5 % des investissements financiers**, ce qui laisse encore beaucoup de marge pour une appréciation.
Quels risques pour l’or ?
Malgré des fondamentaux solides, l’or n’est pas exempt de risques. À court terme, une correction technique (une baisse du cours) est possible après une hausse aussi rapide, mais, selon nous, elle ne remettrait pas en cause la tendance de fond.
Le principal risque est lié à une remontée des taux réels plus forte que prévue. Cela rendrait l’or moins attractif face aux actifs rémunérateurs comme les actions ou les obligations. Car l’or ne produit pas de revenus et l’espoir de gains ne repose que sur la plus-value à la revente.
De même, une amélioration significative des perspectives budgétaires dans les grandes économies pourrait réduire la demande pour les actifs refuges.
Autre facteur à surveiller : la spéculation. Si les positions sur les marchés de produits dérivés ou les ETF venaient à s’emballer, cela pourrait créer une instabilité. Pour l’heure, ces indicateurs restent modérés, mais une vigilance s’impose.
Une source de diversification stratégique
Les métaux précieux ne sont pas des actifs de cœur de portefeuille, mais des instruments de diversification. Dans un monde incertain, ils peuvent jouer un rôle de stabilisateur. Une allocation en or, et plus généralement en métaux précieux, doit rester mesurée, car ces marchés sont volatils et sensibles aux chocs exogènes. De notre point de vue, tant que la problématique de la dette mondiale ne sera pas résolue, l’or conservera son rôle de valeur refuge.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les sociétés éventuellement citées ne le sont qu’à titre d’information. Il ne s’agit ni d’une offre de vente, ni d’une sollicitation d’achat de titres, ni d’un actif financier.
* Le World Gold Council est une organisation internationale qui représente l’industrie aurifère mondiale et promeut l’or auprès des investisseurs, des institutions et des gouvernements.
** Source : Global fund manager survey de Bank of America, septembre 2025.
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