La recherche, l’éducation ou encore l’investissement ne joueraient pas un rôle aussi important que nous le pensons dans la croissance économique d’un pays. C’est ce que démontre une étude récente, « The wealth of working nations* », portant sur la période 1991 – 2019. D’après cette étude, la clé de la croissance à long terme des pays du G7 et de l’Espagne serait la démographie.
De la même façon, au Japon, ce ne serait pas la crise financière de 1991 qui serait la principale explication à la stagnation économique du pays, mais la faible croissance de sa population en âge de travailler. Or la démographie des économies à revenus élevés est à un tournant historique. Le nombre d’habitants actifs devrait commencer à diminuer et cette tendance ne devrait pas s’inverser.
En l’absence d’une accélération de la croissance de la productivité du travail, ces évolutions démographiques pourraient avoir un impact négatif sur la croissance économique de certains pays et, au final, sur certains marchés d’actions.
Explications de Laurent Cyrus économiste macro-stratégiste et Charles Haddad , gérant actions chez Ofi Invest Asset Management
Les flux migratoires changent la donne
En général les prévisions démographiques sont fiables, mais les migrations peuvent rebattre les cartes et sont un facteur d’incertitude. Elles peuvent évoluer rapidement et impacter durablement la démographie d’un pays.
C’est le cas de la Grèce par exemple, qui aurait dû avoir une population en âge de travailler de 6,2 millions de personnes en 2060, d’après les projections d’Eurostat de 2008. En 2023 ce chiffre a baissé à 4,4 millions. Il reflète le départ d’une population jeune, fuyant les conditions économiques dégradées du pays. En conséquence, le nombre de naissances a baissé.
Les pays d’Europe sont typiquement caractérisés par une immigration nette modérée et volatile. Ils se distinguent des pays anglo-saxons (Australie, Canada et États Unis) qui ont une immigration beaucoup plus importante et plus stable pour faire face à leurs besoins de main d’œuvre.
Les pays de l’est de l’Asie, à l’exception de Singapour, sont pour leur part très peu sujets à des épisodes de migrations importantes. Dans les pays émergents l’émigration est surtout causée par des crises politiques, économiques ou des catastrophes naturelles.

Pourquoi la démographie affecte-t-elle les marchés actions ?
À long terme, le rendement des marchés reflète la santé économique des pays au sein desquels les entreprises réalisent leurs profits. Le changement démographique est donc un facteur clé pour évaluer leurs perspectives.
Nous avons analysé l’indice boursier Stoxx 600, en tenant compte des pays qui le composent pour évaluer la croissance économique des marchés dans lesquels les entreprises de l’indice réalisent leur chiffre d’affaires.
D’après nos analyses, pour l’année 2024, près des trois quarts du chiffre d’affaires de ces sociétés ont été réalisés dans les économies avancées : l’Europe domine, représentant près de la moitié de l’exposition totale de l’indice, suivi de l’Amérique du Nord puis de l’Asie.
Cependant, tous les pays sans exception devraient connaitre un déclin démographique. Le ralentissement pourrait être moins prononcé pour certains pays européens comme la France, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas, mais il devrait être plus important pour les pays asiatiques.
Si les pays émergents ont souvent une population plus jeune, l’émigration contribue à l’accélération d’un déclin démographique qui pourraient rapidement rattraper les économies à revenus élevés et qui pourrait impacter tous les marchés actions. Les flux migratoires sont un des principaux facteurs capables d’inverser rapidement les tendances de long terme.
Comment contourner les défis posés par la révolution démographique en termes d’investissements ?
Il est intéressant de travailler sur trois thématiques distinctes mais interconnectées :
1 – La consommation et l’art de vivre : ce pilier se concentre sur la manière dont les seniors vivent, dépensent et organisent leur quotidien. Nous pouvons cibler les entreprises qui leur permettent de vivre plus longtemps de manière active, sécurisée et autonome, à travers le confort, aussi bien matériel que financier, les loisirs, la mobilité…
2 – La santé et le bien-être : ce pilier couvre l’ensemble de l’écosystème de la santé, depuis la gestion des maladies chroniques liées à l’âge jusqu’aux innovations de pointe qui visent à améliorer la qualité de vie et à repousser les frontières de la longévité. Prothèses dentaires, auditives ou encore les soins de santé comme les centres de dialyse.
3 – La productivité et l’automatisation : ce pilier s’attaque à la conséquence macroéconomique la plus directe du vieillissement qui est la pénurie de main-d’œuvre. Il cible les entreprises dont les technologies permettent de maintenir et d’améliorer la productivité dans un contexte de déclin de la population active.
Cette segmentation thématique permet d’arbitrer des secteurs ou des sous thématiques en fonction des opportunités liées à la valorisation et à la vue marché.

* Fernández-Villaverde, Jesús & Ventura, Gustavo & Yao, Wen, 2025. « The wealth of working nations, » European Economic Review, Elsevier, vol. 173(C).
Cette communication publicitaire est établie par Ofi Invest, Société Anonyme à Conseil d’Administration au capital de 920 962,59 euros, immatriculée au Registre du Commerce et des Sociétés de Nanterre sous le numéro 412 563 058 dont le siège social est situé au 127-129 quai du Président Roosevelt, 92 130 Issy-Les-Moulineaux. Elle est susceptible de contenir des éléments d’information et des données chiffrées qu’Ofi Invest considère comme fondés ou exacts au jour de leur établissement. Pour ceux de ces éléments qui proviennent de sources d’information publiques, leur exactitude ne saurait être garantie.
Cette communication publicitaire est établie à titre d’information pédagogique et ne donne aucune assurance quant à l’adéquation des produits ou services qui seraient présentés dans ce cadre à la situation financière, fiscale et patrimoniale, au profil de risque, à l’expérience ou aux objectifs de l’investisseur ; elle ne constitue en conséquence pas une recommandation, un conseil ou une offre d’acheter les produits financiers qui y seraient mentionnés.
Ofi Invest décline toute responsabilité quant à d’éventuels dommages ou pertes résultant de l’utilisation en tout ou partie des éléments y figurant, étant rappelé que les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Avant d’investir, il est fortement conseillé à tout investisseur, de procéder, sans se fonder exclusivement sur les informations fournies dans cette communication publicitaire, à l’analyse de sa situation personnelle ainsi qu’à l’analyse des avantages et des risques afin de déterminer le montant qu’il est raisonnable d’investir.